La crise de la 30haine.
“Il ne reste que 8 jours avant le jour de mon 30è anniversaire, se disait-il en cherchant le sommeil juste après ce merveilleux coït.” Il l’avait prise allongée sur le ventre. Ça glissait bien, c’était chaud, il la sentait et savait avec certitude qu’elle le sentait. Bien qu’elle ait vraiment pris son pied, elle n’était pas venue. Pas d’orgasme. Il n’avait pas su l’attendre. Rien à se reprocher cependant. Il avait été bon, assez long même mais pas assez. Il avait quant à lui pris un pied d’enfer tout le long, malgré le nombre restreint des préliminaires qu’il aimait tant. Pas de pipe. Il avait sur se satisfaire de ce qu’il avait.
C’est surtout pendant l’éjaculation qu’il avait ressenti la puissance des sensations sexuelles dans leur état pur, ce qui fait qu’on y revient sans cesse, qu’on veut les connaître, les dominer, qu’elles arrivent à nous faire penser qu’elles sont éternelles découvertes, pures nouveautés. Jamais réchauffées. Oui, le moment du jet, qui est parfois si court et décevant, parfois douloureux même, avait été inoubliable. Il avait dû trouver un angle, un point d’appui spécial, son propre point G éjaculatoire. Ça n’en finissait pas de sortir, il pouvait sentir la capote se remplir et le sperme chaud couler à l’intérieur le long de son membre qui se raidissait à chaque giclée.
Il gémissait, râlait, soufflait, s’effondrait.
A qui la faute si rien pour elle ? Pas rien mais pas autant… Le manque de pratique qu’elle sollicitait.
Bref, il ne restait que 8 jours avant la date de son 30è. Et bien qu’il ait la sensation de l’avoir bien servie, allongée sur le ventre, un doigt sur son petit clitoris, parfois des tapes jouissives sur les fesses, des mots cochons, la chatte bien humide et la tête dans l’oreiller pour ne pas réveiller le petit, de bons coups de reins, alternant le grands et les petits coups rapides et répétitifs, bien qu’elle-même ait parue aux anges, il savait déja ce qui se produirait pendant toute la semaine.
Et ce qui devait se produire s’est produit.
Sans même qu’il l’approche, à chaque fois qu’ils allaient se coucher, comme à son habitude elle mentionnait soit une incompréhensible douleur au ventre, ou un stress incroyable de ces derniers temps (sans se rendre compte que ces derniers temps s’additionnaient depuis des mois qui formaient maintenant des années), soit un problème digestif, soit un mal de tête - la fameuse migraine dont on croit qu’elle n’existe que dans les mauvaises comédies, comédies que l’on trouvait mauvaises avant d’avoir subi la remarque en vrai, soit carrément comme hier encore un “mal de chatte”, ou un problème physiologique de mâchoire qu’elle aurait depuis toute petite et qui l’empêcherait de sucer, qu’elle semblait pourtant ne pas avoir aux débuts de votre relation, quand elle suçait par envie et tout le temps, qu’elle vous regardait avec un air coquin dans les yeux quand le sperme coulait sur son menton, soit tout simplement pour finir une fatigue telle que “bouah, disait-elle dans un baillement, je vais me coucher, tu viens.” Parce que oui maintenant il fallait aussi aller se coucher avec elle pour juste dormir et souffrir de ce manque royal de baise royale.
Ce qu’il imaginait ce soir-là en s’endormant s’est produit donc et pendant une semaine entière, pas un coup de baise, pas un quicky, pas même une pipe même un coup de langue déguisé en pipe, pas même un coup de main… pourquoi même le mentionner, il trouvait ça humiliant dans ces conditions de non-excitation et préférait se mastubrer un bon porno.
Et puis il savait que l’humiliation ne faisait que commencer après cette semaine d’abstinence de juste avant ses trente ans. Car le jour dit viendrait. Et elle ferait quoi ? Une pipe d’anniversaire, une baise du feu de Dieu. Quelque chose d’organisé. Il aimerait sans doute. Il adorerait. Il se sentirait bien pendant. Il en profiterait, lècherait ses doigts et les enfoncerait dans son petit cul tout lisse et souple. Peut-être même qu’elle lui ferait y mettre sa queue.
Et quand ce serait fini, se dirait-il seulement en lui-même ou lui dirait-il à elle, la réplique qui est écrite ici, 8 putains de jours avant la date de ses trente ans: “vivement l’année prochaine”.
Il connaissait aussi à quel point madame savait tourner les choses en sa faveur et s’il la disait à voix haute, sans rire ou même sur le ton ironique de l’humour, ton auquel elle restait indéfectiblement imperméable, elle en ferait une agression contre elle. Comme si c’était lui qui ne voulait plus baiser autant et comme aux débuts, comme si c’était lui la personne aux mille ressources d’excuse allant jusqu’aux gynécologiques (non, ça c’est sûr, ce n’était pas lui).
Mépris et déprime serait donc encore fin et feints d’être ignorés. Jusqu’à quand ? 31, 32, on sait tous compter.
Sea Ling
