Ton Oedipe à toi, tout paternel n’est pas le même que le sien.

Tu es le premier clone si proche de l’original originel sans originalité.

Tel Oedipe au stade de la naïve arrogance, tu exprimais ton désir de ne pas suivre le chemin du paternel, subir le destin méditerranéen. Et tel un Oedipe de femme actuelle tu finirais dans ce même bain. Ce bain de moules et de frites à la sauce andalouse, qui te pourrirait jusqu’au Tréport au ras de la Goulette.

L’enfant que tu n’as jamais été ne mentait pas vraiment, il rêvait. L’adolescent que tu avais failli devenir ne se rebellait que sous l’empire de la corruption bien admise. L’adulte que tu ne deviendras pas se réfugiera dans cet enfant que tu ne seras jamais, que tu n’as jamais été, que tu ne fantasmes même pas. L’adulte que tu n’assumeras jamais d’être sera le pantomime mythomane paternel identique.

Dieu le père t’a fait à son image. A son image tu t’es plu, sage, grave. Tu n’auras fait que râler un petit peu mais jamais tu n’auras explosé, jamais tu n’exploseras. Tu resteras là, à développer ruses et techniques pour te cacher mais même le renard a en lui moins enfoui d’intimité sincère.

Frère.

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